Samedi 18 Octobre 2025

 

HÉLION CAPITAL

 
La lettre économique
 
 
 
 
 

Économie | Monde

L'économie mondiale en 2025

 

En 2025, l’économie mondiale enregistre un léger ralentissement, avec une croissance estimée à 3,2 %, après 3,3 % en 2024, avant un léger repli attendu à 3,1 % en 2026, selon le FMI. Cette croissance reste positive mais modérée, légèrement inférieure à celle de l’année précédente et relativement stable, reflétant une reprise encore fragile et inégale après la période post-pandémique. 

Cette décélération reflète la persistance des tensions commerciales et des politiques protectionnistes, les droits de douane et les barrières sectorielles continuant de perturber les échanges internationaux et de fragiliser certaines chaînes d’approvisionnement.

Malgré ces tensions, l’activité reste globalement soutenue par l’investissement et les ajustements progressifs des marchés, donnant l'image d’une économie mondiale résiliente mais fragile.

 

Divergences régionales importantes:

Pays avancés : La croissance des économies avancées devrait ralentir à 1,6 % en 2025-2026, après 1,8 % en 2024. Ce repli s’explique surtout par le ralentissement marqué des États-Unis (2 % contre 2,8 % en 2024), sous l’effet du durcissement commercial, du recul de l’investissement et d’un marché du travail moins dynamique.

Dans la zone euro , la croissance devrait légèrement rebondir de 0,9 % en 2024 à 1,2 % en 2025, avant de se stabiliser à 1,1 % en 2026, freinée par l’incertitude et la hausse des tarifs, tandis que la consommation privée et l’assouplissement budgétaire apportent un soutien limité.

Au Japon, la croissance passerait de 0,1 % en 2024 à 1,1 % en 2025, avant de ralentir à 0,6 % en 2026, soutenue par la hausse des salaires réels et la reprise de la consommation.

Économies émergentes et en développement : Les pays émergents et en développement conservent un rôle moteur, même si leur rythme ralentit légèrement : La croissance globale est attendue à 4,2 % en 2025, contre 4,3 % en 2024.

En Chine, la croissance devrait ralentir à 4,8 % en 2025 après 5,0 % en 2024, sous l’effet des tensions commerciales persistantes et de la faiblesse du secteur immobilier, malgré le soutien budgétaire et la résilience de la demande intérieure.

L’Inde, pour sa part, s’impose comme le véritable moteur de la croissance des émergents, avec une expansion estimée à 6,6 % en 2025 après 6,5 % en 2024, soutenue par la vigueur de la consommation intérieure et par l’essor des services numériques.

 

PIB mondial
 
PIB mondial : évolution & prévision
Source : FMI
 

L’inflation mondiale

En 2025, l’inflation mondiale se modère après les pics des années précédentes. Selon le FMI, elle devrait atteindre 4,2 % en 2025 puis 3,7 % en 2026, sous l’effet du recul des prix de l’énergie et des matières premières, ainsi que du maintien de politiques monétaires restrictives.

États-Unis : L’inflation demeure supérieure à l’objectif de la Réserve fédérale, soutenue par les nouveaux tarifs douaniers et la vigueur du marché de l’emploi. En août 2025, elle a atteint 2,9 % contre 2,7 % en juin et juillet, une hausse liée à l’augmentation des prix des biens intermédiaires et finaux, progressivement répercutée sur les consommateurs.

Zone euro : L’inflation moyenne de la zone euro devrait s’établir à 2,1 % en 2025, contre 2,4 % en 2024. Cette évolution reflète un affaiblissement de la demande intérieure et l’effet désinflationniste de l’appréciation de l’euro qui réduit le coût des importations. 

Toutefois, selon la BCE, l’inflation sous-jacente reste alimentée par la hausse des prix des services et des produits alimentaires, ce qui limite les marges de manœuvre pour une normalisation rapide de la politique monétaire.

Pays émergents : L’inflation des économies émergentes devrait reculer à 5,3 % en 2025 après 7,9 % en 2024, tout en demeurant supérieure aux niveaux prépandémiques. En Chine, elle deviendrait nulle, reflétant une demande intérieure modérée, la faiblesse du secteur immobilier et des pressions déflationnistes persistantes dans l’industrie. En Inde, elle reculerait à 2,8 % contre 4,6 % en 2024, soutenue par une politique monétaire prudente et la stabilité des prix alimentaires et énergétiques.

 

Inflation monde
 
Inflation mondiale
Source : tradingeconomics & INS

 

Le FMI prévoit une poursuite de la modération de l’inflation mondiale en 2026, avec un taux attendu de 3,7 %. Cette tendance s’explique principalement par la baisse continue des prix de l’énergie et des matières premières alimentaires, ainsi que par le ralentissement progressif de la demande mondiale, même si les pressions sur les prix restent hétérogènes selon les pays.

Économie | Tunisie

Évolutions économiques en 2025

L’année 2025 se distingue par une accélération notable de l’activité économique en Tunisie, après une reprise encore hésitante en 2024. Portée par une campagne agricole exceptionnelle et par la vitalité des services, en particulier le tourisme, la croissance a retrouvé un rythme plus soutenu, atteignant 1,6 % au premier trimestre puis 3,2 % au deuxième trimestre. 

Ce redressement traduit une dynamique plus robuste de la demande intérieure et une contribution accrue des exportations de services, bien que la situation reste contrastée selon les secteurs.

L’évolution de 2025 illustre ainsi un regain de dynamisme de l’économie tunisienne, tout en reflétant la persistance de certaines vulnérabilités structurelles et l’exposition aux incertitudes de l’environnement international.

 

PIB Tunisie
 
Croissance du PIB en Tunisie
Source: INS
 

Analyse sectorielle de la croissance

01. Secteur agricole

En 2025, l’agriculture s’est imposée comme le principal moteur de la croissance tunisienne. La valeur ajoutée agricole a progressé de 9,8 % au deuxième trimestre, contre 9,3 % l’an passé, portée par une campagne céréalière exceptionnelle avec une récolte estimée à 19,8 millions de quintaux contre 11,5 millions en 2024, soit une hausse de près de 72 %. La production d’huile d’olive a également bondi de 55 %, grâce à des conditions climatiques favorables et à une meilleure productivité.

Cependant, cette hausse de productivité s’est accompagnée d’une forte baisse du prix de l’huile d’olive, tombé à 13,4 dinars/kg en août 2025, soit -49 % sur un an. Malgré cela, le secteur agricole a soutenu la valeur ajoutée nationale et compensé partiellement les tensions commerciales.

02. Secteur des services

L’activité des services a contribué à la relance économique en 2025, avec une croissance de 1,87 % au deuxième trimestre contre 2,05 % en 2024, traduisant une reprise progressive. Le tourisme reste le moteur principal, avec des recettes de 3 284,5 millions de dinars, soutenues par le retour des marchés traditionnels et l’amélioration de l’image sécuritaire.

Le transport aérien a également profité de cette embellie, avec un trafic en hausse de 6,9 %, notamment à Enfidha, Djerba et Tunis-Carthage. Le secteur des services demeure ainsi un pilier essentiel de l’économie tunisienne.

03. Secteur de l'industrie manufacturière

L’activité manufacturière amorce une reprise progressive, avec une croissance de 3,6 % au deuxième trimestre 2025 contre –1,9 % en 2024. Cette reprise est portée par les industries mécaniques et électriques, dont les exportations ont augmenté de 9,6 % grâce à la demande européenne, ainsi que par le secteur du textile-habillement-cuir, historiquement en difficulté, qui montre des signes positifs.

Malgré ces signes encourageants, le secteur manufacturier demeure fragile et doit poursuivre sa reprise pour consolider sa croissance.

04. Energie et mines

L'activité minière a montré des signes de reprise, avec une production de phosphate en hausse de 55,5 % au deuxième trimestre 2025, atteignant 1,8 million de tonnes, grâce à une campagne plus efficace et une meilleure gestion des sites miniers.

En revanche, la branche énergétique reste un point noir : La production pétrolière a diminué de 9 % en un an, les exportations d'hydrocarbures ont chuté de 36,3 % et les importations ont baissé de 13 %, contribuant à une réduction du déficit commercial énergétique de 5%. Malgré cette amélioration, ce secteur représente encore 52,7 % du déficit commercial global.

05. Construction et BTP

Le secteur de la construction a montré des signes de reprise au deuxième trimestre 2025, avec une croissance de 9,6 % contre - 0,3 % en 2024, portée par une reprise ponctuelle des chantiers et des investissements dans les infrastructures et l’énergie. Cependant, la tendance reste fragile, avec des contraintes persistantes liées à la réduction des investissements publics, la hausse des coûts des matériaux et la faible demande immobilière. La croissance ponctuelle ne compense donc pas les difficultés structurelles du secteur.

 

Contribution au PIB
 
Tunisie: contribution au PIB par secteur / glissement annuel
Sources: INS & calculs Hélion Capital

 

L'inflation en Tunisie

En 2025, l’inflation poursuit sa décélération mais reste élevée, passant de 6,7 % en septembre 2024 à 5,0 % en septembre 2025, contre 5,2 % le mois précédent. Elle confirme la dynamique de modération des prix amorcée depuis le début de l’année, soutenue par la détente des marchés de l’énergie et l’effet de base lié aux hausses exceptionnelles des années précédentes. 

Toutefois, l’inflation reste préoccupante, alimentée par la hausse à deux chiffres des prix des denrées alimentaires et des services, pesant sur le pouvoir d’achat des ménages et la stabilité sociale du pays.

L’inflation observée en Tunisie résulte d’une combinaison de facteurs tant externes qu’internes.

1. Facteurs externes :

Détente des prix internationaux de l’énergie et des matières premières : La baisse relative des cours internationaux du pétrole et des produits céréaliers a limité les pressions inflationnistes importées, réduisant le coût des importations énergétiques et alimentaires et allégeant les tensions sur l’indice des prix.

Volatilité géopolitique et risques d’approvisionnement : En parallèle, la volatilité géopolitique mondiale, marquée par la poursuite de la guerre en Ukraine et le conflit au Moyen-Orient,a entretenu un climat d’incertitude sur les marchés de l’énergie et des produits de base, exposant la Tunisie à des risques d’approvisionnement et à des fluctuations de coûts. Bien que les prix internationaux aient globalement reculé en 2025, ces tensions ont freiné la transmission complète de cette détente à l’économie nationale.

2. Facteurs internes :

Hausse des coûts de production et des intrants agricoles : Le renchérissement des coûts liés au transport, aux intrants agricoles et aux produits intermédiaires continue d’exercer une pression sur les prix domestiques, notamment ceux des denrées alimentaires de base.

Ajustement des prix administrés et subventionnés : Les révisions graduelles opérées par les autorités sur certains produits encadrés, dans le cadre de la politique de rationalisation budgétaire, ont également contribué à alimenter l’inflation. Bien que nécessaires pour réduire le déficit public, ces mesures pèsent directement sur le panier de consommation des ménages.

Pressions liées à la demande intérieure et aux salaires : La vigueur de la consommation dans certains segments, couplée à l’augmentation des salaires dans des secteurs clés, entretient des tensions sur les prix des services et des biens transformés, expliquant en partie le maintien d’une inflation sous-jacente élevée.

 

Taux réel
 
Inflation & taux
Source : INS & Calculs Hélion Capital

 

En 2025, l’inflation sous-jacente a suivi la même tendance que l’inflation globale, mais plus lentement, reculant de 6,2 % en septembre 2024 à 5,2 % en septembre 2025, traduisant une modération des prix hors alimentation et énergie. Toutefois, les produits alimentaires libres ont continué de progresser de manière significative, exerçant une pression persistante sur le pouvoir d’achat et limitant la baisse globale de l’inflation.

Malgré la stabilisation relative des prix sous-jacents, l’économie reste sensible aux hausses alimentaires et aux fluctuations des marchés domestiques et internationaux.

 

Inflation sous-jacente
 
Inflation & Inflation sous jacente
Source : INS

 

Commerce extérieur

Au premier semestre 2025, le déficit courant de la Tunisie s’est creusé à -1,9 % du PIB contre -1,2 % en 2024, reflétant l’élargissement du déficit commercial à -9,9 milliards de dinars (+23,5 %). Cette aggravation résulte de la hausse des importations face à une quasi-stagnation des exportations, faisant reculer le taux de couverture à 76,2 %. 

Les recettes touristiques et les revenus du travail ont partiellement atténué ce déséquilibre, mais la situation reste fragile face aux fluctuations des échanges extérieurs.

Marché obligataire | Tunisie

La courbe des taux 

En 2025, la politique monétaire en Tunisie a été marquée par une détente des taux d’intérêt. Le TMM est resté quasi stable à 7,99 % au premier trimestre, avant de se replier à 7,50 % à partir du deuxième trimestre. Cette évolution traduit la volonté de la BCT de soutenir l’activité économique tout en restant vigilante face aux risques inflationnistes.

Malgré la détente de l'inflation à 5% et la baisse du taux directeur de 50 points de base, la BCT maintien une politique monétaire restrictive au vu des causes structurelles de l'inflation, ainsi les taux à 3 ans demeurent en dessus de 9% et sont un frein important à l'investissement et la consommation.

L'encours total des valeurs du trésor est passé de 41,2 Mds DT en 2024, à 44,7 Mds DT au 30 septembre 2025 soit une évolution de 8,5%.

 

Taux BTA
 
Évolution des taux par maturité
Source: Tunisie Clearing

Marché boursier | Tunisie

Un cycle haussier qui dure

Le Tunindex a poursuivi sa tendance haussière en 2025, avec une performance de 24,6 % à fin septembre. L'indice est en progression continue depuis l'année 2021 et n'a enregistré aucune année négative depuis, atteignant ainsi 12 404 points au 30/09/2025.

Cette tendance devrait s’essouffler dans les mois à venir, vu les records battus par le Tunindex et la durée du cycle haussier (5 ans), ceci malgré les bonnes performances financières des principales valeurs cotées, notamment les actions du secteur bancaire.

Le PER moyen du marché pour 2025 s'établit à 10,16, ce qui reflète une valorisation relativement raisonnable des actions cotées.

 

Tunindex
 
Performance cumulée du Tunindex depuis le 30/08/2018
Sources: BVMT & Calculs Hélion Capital
 

Cette lettre est exclusivement conçue à des fins d’information. Elle ne constitue ni un élément contractuel, ni un conseil en investissement. La responsabilité d’Hélion Capital ne saurait être engagée par une prise de décision sur la base de ces informations.

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